ARTICLE DE PRESSE "Vaucluse Agricole" 19/09/08

Publié le par Sophie RIGAUD




L’âme du musée vigneron

 

        A la sortie de Rasteau en allant sur Vaison , apparaît le Musée du vigneron crée en 1982 par Paul Coulon, dans une veille ferme établie sur son domaine. Ce jour-là, le musée est en effervescence, car le dynamique septuagénaire, vigneron Châteauneuvois et Rastellain, reçoit ses amis pour fêter la sortie de l’ouvrage qu’il a concocté avec amour pendant environ deux ans : « L’âme du Musée Vigneron ».




 

          C’est un superbe pavé de 2kg,  320 pages, illustré de 1200 photos d’outils anciens… « Par chance, mes ancêtres ont conservé les  outils qu’ils utilisaient jadis », explique, entre deux dédicaces, Paul Coulon, presque caché derrière une montagne de livres, couleur lie de vin, tout frais sortis de l’imprimerie Délicéo des Editions du Capitole. « Ce fonds m’a donné l’idée de faire un musée. De plus, depuis 25 ans, je fréquente les brocantes, marchés aux puces, antiquaires, ce qui m’a permis d’enrichir le musée au fils des années et m’a amené à écrire ce livre », précise t-il. Mais ce n’est pas seulement un recueil de belles images : « Ce livre est partiellement autobiographique et , certes, s’il parle des outils d’autrefois, il aborde également l’élevage des vers à soie, la culture de la garance, l’histoire du verre et de la bouteille de vin, la tonnellerie, le phylloxéra, la 2ème guerre mondiale. Mais il est aussi question de mes responsabilités professionnelles, d’économie, d’informatique, le tout parsemé d’anecdotes… », souligne-t-il encore .


         Ainsi, tout au long du texte de Paul Coulon et des superbes photos de Christophe Grilhé, bénéficiant d’une mise en page élégante, raffinée, le lecteur plonge dans un univers étonnant et fascinant. De surcroît, Paul Coulon a invité un fil conducteur original : « C’est un dialogue avec ma fille. Elle a mieux connaître le musée pour réaliser une affiche…Belle occasion pour une visite approfondie ». Et, peut être, de découvrir l’âme du musée qui donne le titre du livre : « Vouloir donner une âme au musée, c’est l’animer, lui donner la vie , inspirer. Être l’animateur, plutôt que le conservateur. Et puis, mon amour des outils me fait penser  à cette phrase de Lamartine :  « Objet inanimés, avez-vous donc une âme, qui s’attache à notre âme et la force d’aimer ? ». Chez Paul Coulon , dans tout son être, on sent l’amour du métier qu’il porte en lui depuis longtemps. Il est vrai qu’il aime citer souvent cette phrase de Confucius « Choisissez un travail que vous aimez, et vous n’aurez pas à travailler un seul jour de votre vie… ».


        Ecrire, Paul Coulon en a l’habitude! « Pendant ces deux années, j’ai rédigé aussi , comme je le fais chaque année depuis 1971, deux livres au format A3 de 600 pages, sur les récoltes 2006 et 2007 au Domaine de Beaurenard ». Un exercice qui l’admiration de Jerry Yang cofondateur et président de Yahoo, et qui a préfacé l’ouvrage : « Au cours de mes visites, j’ai pu apprécier son profond respect des traditions ancestrales (…) , mais j’admire également son ouverture d’esprit, ses grands livres qui constituent une mines d’or, qu’il écrit chaque année depuis 37 ans, sur la récolte de Beaurenard ».


       Une passion et une compétence peu communes ! « Au cours de ma vie », dit-il, « j’ai assisté à de profondes mutations qui ont transformé totalement le métier de vigneron. Après la guerre, j’ai bénéficié du formidable développement qui a eu lieu. En 1950, c’était encore l’époque du cheval, et brutalement la mécanisation est arrivée. J’ai vécu les Trente Glorieuses (…) J’ai bénéficié des progrès fantastiques de l’œnologie moderne puis à partir de 1980, l’informatique est arrivée. Dés 1996, j’avais mon adresse e-mail, puis mon site internet… ». Cette évolution ne lui fait pas oublier le passé… « Au savoir que m’ont transmis mes parents, s’est ajoutée au fil des année l’expérience et , tout naturellement, j’ai souhaité que mes enfants , et petits-enfants, bénéficient de ce savoir-faire et connaissent ces anecdotes familiales que le lecteur de « L’âme du musée vigneron «  découvrira en lisant ce livre. Je l’ai également écrit pour eux, répondant ainsi à la demande de certains visiteurs du musée ». Une passion saluée par Jean-Robert Pitte, membre de l’Institut de France, qui a signé la seconde préface du livre, intitulée « Les passions de Paul ».

« Ce livre ne parle des vins de Paul qu’en filigrane », dit-il. « Il est d’abord consacré à son autre passion coupable, les outils de la vigne et du vin qu’il amasse depuis longtemps en son domaine de Rasteau. Ils sont renseignés, étiquetés, classés, accrochés sur les murs, mais, comme jouets de la symphonie de Léopold Mozart, je les soupçonne de descendre de leur clou, la nuit, et de danser la sarabande dans les rêves de Paul,… »

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