Article de presse "Le vigneron des Côtes du Rhone"

Publié le par RIGAUD Sophie




Transmettre

& partager

sa passion

 






 

« RENDRE HOMMAGE au travail des générations précédentes sans lequel les vins que nous produisons aujourd’hui ne seraient pas ce qu’ils sont ».

En créant son Musée du Vigneron au début des années quatre-vingt à Rasteau , Paul Coulon souhaitait avant tout faire partager sa passion pour son métier. « Si tu exerces le métier qui te plaît, tu ne travailleras pas un seul jour de ta vie » aime t-il à rappeler, citant Confucius.


« Nous sommes vignerons au Domaine de Beaurenard à Châteauneuf du pape depuis sept générations , explique t-il. Au début des années quarante-vingt, quand mes deux fils sont arrivés sur l’exploitation, j’ai bien senti qu’il fallait s’agrandir. C’est pourquoi j’ai acquis des terres à Rasteau dont le bâtiment de 200 m² constituait un superbe espace pour créer un musée »


Il possède alors déjà des centaines d’objets, hérités de ces ancêtres ou chinés ici ou là.

De l’antique araire aux boucheuses à bouteilles en bois en passant par les serpes, jabloirs, fouloirs, pressoir… Il s’intéresse à tout, étudie, cherche et explique. "Il est quand même important que les jeunes générations sachent comment travaillaient leurs ancêtres alors que dès leur plus jeune âge, ils pianotent déjà sur un ordinateur ".

D’ailleurs, le premier ordinateur du domaine un Sigma 80 acheté en 1981, trône désormais dans le musée!


Preuve de son succès, le musée attire plus de 10000 personnes par an qui vont de découverte en découverte. Comment cultive t-on la vigne ? Dans quels terroirs ? Depuis quand ? Comment faut-t-il boire ? A quelle température ? Les innombrables questions des visiteurs témoignent de l’intérêt qu’ils portent à la civilisation du vin.

Paul Coulon a pris soin de leur répondre par des panneaux explicatifs mais aussi par de nombreuses vignettes accompagnant chaque outil.


« Mais il leur manquait néanmoins la possibilité d’emporter un souvenir de cette visite à la maison, ajoute t-il, une sorte de catalogue de l’exposition. »

Si l’idée de créer un livre à partir du musée est née ainsi, elle s’est concrétisée à l’occasion d’une rencontre à Paris avec Madjid Lakhdari, des éditions Délicéo (Bordeaux).


« Avec mes deux fils sur le domaine, j’ai désormais un peu plus de temps. J’ai également mis un bémol à mes nombreuses activités professionnelles : Vignerons indépendants de France, Echansonnerie des Papes… Cela m’a permis, voilà deux ans, de me lancer ».

 

Riche de 1200 photos réalisées par Christophe Grilhé, talentueux photographe de la région, on parcourt ce bel ouvrage comme on visite le musée. « Le point de départ du texte est d’ailleurs une visite approfondie pour ma fille, Sylvie qui doit en réaliser l’affiche » commente Paul Coulon .


Au fil des 320 pages, on passe de « salle en salle » (elles portent toutes le nom d’un cépage) en s ‘émerveillant d’une telle quantité d’informations.

L’utilité de chaque outil est soigneusement mentionnée, dans un langage simple, constituant ainsi une véritable encyclopédie sur le travail du vigneron. Des anecdotes jalonnent le commentaire de certains objets, tel ce vigneron si avare qu’il récupérait avec un carton posé au pied des souches le souffre répandu par «  l’espoussetto » !

Entre autres curiosités, on peut admirer une paire de bottes en zinc pour fouler le raisin, le porte-bébé en bois utilisé par les mamans occupées dans les vignes ou encore le minuscule « filtre de laboratoire ».


Des outils sur l’élevage du ver à soie, la tonnellerie ou la culture de la garance complètent la collection.

Gardien de la tradition tout en étant ouvert sur la modernité, Paul Coulon a réalisé là un travail exceptionnel. Depuis 37 ans, il consigne également ses observations de vendanges, parcelle par parcelle, cuve par cuve, avec force détails, constituant une source irremplaçable d’informations sur les différents millésimes au service des générations futures.

« Les racines de nos vignes s’enfoncent dans l’histoire des temps, comme elles s’enfouissent, profondes, entre les cailloux » a écrit en 1985 le célèbre œnologue Emile Peynaud dans le livre d’or du musée, ajoutant également : « Le vin est le souvenir vivant de notre passé ».

Sylvie Reboul

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