Art "Mémoire d'Ouvèze" dec 2008

Publié le par Sophie Rigaud

Le Patrimoine curieux du Val d’Ouvèze

N°9 . 2008

Musée du vigneron de Rasteau

 

        J’ai fondé le Musée du Vigneron à Rasteau en 1980, afin de participer à la transmission du patrimoine que représentent les outils viticoles, intrinsèquement liés à la vigne et à l’homme qui la cultive.

Objets, outils, machines, sont présentés dans l’ordre des travaux et des tâches qu’ils sont chargés d’assumer au cours d’une année.

On peut ainsi suivre le déroulement des travaux qui, à l’aide de ces outils, s’enchaînent de la préparation du sol à la récolte.

Outils préindustriels : ce sont ceux dont des hommes et des femmes, ou des animaux, sont le support et le seul moteur. Ces objet représentent pour certains d’entre nous un autrefois ; pour d’autres, à travers le monde, un présent toujours vivant. L’outil mérite plus, en effet, qu’un simple coup d’œil jeté sur telle forme, aussi attractive, que soit celle-ci pour le regard. On commence à le connaître mieux quand on étudie la fonction dont il est investi et comment il remplit celle-ci.

      Même si les outils présentés ne sont pas animés par la ou les fonction est précisée, on peut mieux comprendre la structure de l’outil, le rôle, la forme, l’agencement des différentes pièces.

J’ai précisément souhaité :

*   rendre hommage au travail des générations précédentes sans lequel les vins que nous produisons aujourd’hui ne seraient pas ce qu’ils sont ;

*  sauvegarder les outils anciens utilisés et providentiellement conservés par nos ancêtres pour cultiver leur vigne et faire leur vin : de l’antique araire aux boucheuses à bouteilles « en bois », en passant par les serpes, jabloirs, fouloirs, pressoirs… ;

*  approfondir nos connaissances. A l’image des racines de nos vieux ceps noueux, nos propres racines vigneronnes nous poussent à aller au fond des choses, acquérir des compétences, enrichir notre esprit, explorer la qualité de notre vin et donner plus de plaisir à ceux qui le dégusteront ;

*  montrer que le vin, le bon vin, demande un certain savoir-faire. Les innombrables études, observations, expérimentations, analyses, faites depuis des années, m’apportent de précieuses informations. Pour les exploiter au mieux, il faut les répertorier, les classer, les rendre utilisables par des programmes informatiques adaptés et personnalisés qui sont présentés au musée.

 

Au musée nous recevons de nombreux visiteurs, simples touristes de passage ou visiteurs plus curieux, qui souhaitent enrichir leurs connaissances, mieux comprendre le vin, son pouvoir culturel, pouvoir l’apprécier, être capable d’en parler entre amis.


 

Paul Coulon, vigneron



ARAIRE PROVENCAL

De grosses oreilles en bois sont placées de chaque côté de sa pointe. Cette symétrie permet de rejeter la terre de façon égale de part et d’autre de l’aire.




CHARRUE

Elle permit les grands défrichements du XI e au XIII e siècle, et fut l’une des causes de la disparition des grandes famines lors de cette période.







TREUIL A BRAS

 

                                    Il était utilisé pour arracher la totalité d’une vieille vigne.






COLLIER

 

    Jusqu’en 1950 c’était encore l’époque du cheval.






EYSSADE

La houe est encore l’outil agricole à bras le plus répandu dans le monde. Le fer est façonné par le forgeron. Le manche et l’assemblage sont assurés par l’utilisateur.




BIGOT

Il possède généralement deux dents identiques., effilées, pénétrantes.




Ci dessus : collection de soufflets et d’appareils à sulfater, dont un curieux « dos de mulet » à droite


BROC DE VIGNERON

Sert communément pour tirer, transvaser, porter le vin





HOTTE

C’est une cuve aplatie, d’une contenance de 40 à 50 litres, dont le diamètre transversal
                                      va en diminuant depuis l’orifice jusqu’à la base.






SULFATEUSE

Portée à dos d’homme, elle permet de répandre la bouillie bordelaise afin de lutter préventivement contre un très dangereux champignon qui attaque la vigne : le mildiou.







PRESSOIR A VIS VERTICAL

Il demande une main –d’œuvre importante.

Toutefois le jus recueilli était de bonne qualité. Le marc opérant une sorte de filtration naturelle









FOULOIR

 

Le foulage consiste à rompre la pellicule du raisin, avec les dents et les rouleaux en bois, avant la fermentation.












PAL INJECTEUR

Destiné au sulfurage des vignes afin de tenter d’enrayer les dégâts considérables provoqués par leur plus farouche ennemi : le phylloxéra.





SALLE « GRENACHE »

Au premier plan, sulfateuse à roues : à l’arrière, magnifique filtre à vin en cuivre.

Sur le mur de droite, impressionnante collection d’outils de tonnellerie.

A droite de la photo, bascule à tonneaux




BARIQUE

La découverte de la courbure des végétaux ligneux par le chauffage a permis de trouver le moyen de lui fournir sa forme arrondie, d’où sa résistance.







 

DOLOIRE

Sorte de hache très caractéristique et typique du tonnelier







ROBINET DE SOUTIRAGE

Sert à transvaser doucement le vin d’un récipient dans un autre.




BOUCHE-BOUTEILLES

Cette archaïque boucheuses permettait de boucher astucieusement, des bouteilles de hauteur différente en manœuvrant la glissière de réglage.









SERPO-SECATEUR

Apparu en 1830, cet outils conserve le talon de la serpe allié à une paire de forts ciseaux revenant en position écartée grâce à un puissant ressort





CASIER A BOUTEILLES

Autrefois utilisé pour transporter les bouteilles vides ou pleines.






Toutes les photographies de cet article sont l’œuvre de Christophe GRILHE.

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article