Vitisphere.com article du 24-12-09

Publié le par Rigaud Sophie


Vitisphere

Revue de beaux livres pour les dimanches soirs d’hiver...

 
 
    Les beaux livres sont des cadeaux qu’on ne s’offre pas, qu’on offre ou se laisse offrir, espérant une divine surprise, des retrouvailles avec un point de fixation (l’art, le vin, l’histoire, la géographie, le sport). Le propre du beau livre est de donner à voir autant que de donner à lire. Il est vraiment beau quand le texte et l’image se répondent et se complètent. Pour cette dernière revue de l’année, j’ai sélectionné trois beaux livres, beaux et en même temps très différents dans leur beauté. Le premier est le fruit d’un pur travail d’édition, le second mêle un travail d’auteur et d’éditeur, le troisième est un vrai livre d’auteur, l’oeuvre d’un vigneron animé d’une passion inlassable pour les outils et les objets de la vigne et du vin. Joyeux Noël à tous.
Catherine Bernard

L’âme du musée vigneron

 
 


    Ce beau livre est l’oeuvre d’un vigneron, Paul Coulon, « vigneron de père en fils depuis sept générations à Châteauneuf-du-Pape ». Il est aussi le produit d’une « collection personnelle », patiemment accumulée au fil du temps, en même temps que le catalogue du « Musée du vigneron » à Rasteau dans le Vaucluse. Le livre épouse le cycle des travaux à la vigne et à la cave. Tout commence par le travail du sol avec les araires, dental ou à coûtre, les herses, bêches, fourches, se poursuit avec les outils nécessaires à la plantation, greffoirs, tarières. Puis vient la saison des traitements et les premiers appareils à sulfater et à poudrer. Se glisse un porte-bébé en bois, « utilisé par les mamans occupées dans les vignes à ébourgeonner ». On est d’abord frappé par la diversité, la prodigalité de l’imagination, et la constance, puis l’on perçoit derrière la patine et l’usure, les heures de travail. On soupçonne qu’il y au final presque autant de sécateurs que de mains pour les tenir, le meilleur étant celui avec lequel on travaille, fait à sa main. Il y a aussi de ces objets disparus dont on se dit qu’il seraient bien utiles encore aujourd’hui, comme « la pelle à raisin », « genre d’écumoire qui permet d’éliminer les grains de raisin qui surnagent à la surface des cuves de vins s’écoulant du pressoir ». Paul Coulon ne nous laisse pas seuls face à ces objets. Promenant sa fille, Sylvie, il nous promène aussi, glisse des anecdotes. Il a reçu le prix Nadine de Rothschild du meilleur livre sur le vin

Ouvrage à commander directement en ligne sur le site de l'auteur : www.beaurenard.fr

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article